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Football-Éléphants de Côte d’Ivoire/Hervé Renard peut-il réinventer le défi ?

Par Iris Fabiola Yaëlle/afriquematin.net

La nomination d’Hervé Renard à la tête des Éléphants de Côte d’Ivoire ouvre un nouveau chapitre du football ivoirien. Onze ans après avoir conduit la sélection au sacre continental en 2015, le technicien français revient avec une mission qui paraît paradoxale ; (re)prendre en main une équipe qui vient de connaître la plus belle progression de son histoire en Coupe du monde.

La Fédération ivoirienne de football a officialisé le retour de Renard le 4 août 2026, après la fin du mandat d’Emerse Faé. Ce choix intervient quelques semaines seulement après que les Éléphants ont atteint pour la première fois de leur histoire la phase à élimination directe d’une Coupe du monde. La question n’est donc pas simplement de savoir si Hervé Renard peut gagner avec la Côte d’Ivoire.

 Le sélectionneur français n’arrive pas en terrain inconnu, car en 2015, il avait offert à la Côte d’Ivoire sa deuxième Coupe d’Afrique des nations, après celle remportée en 1992. Son équipe avait battu le Ghana en finale au terme d’une interminable séance de tirs au but. Ce succès l’avait installé dans une catégorie particulière, celle des entraîneurs capables de transformer rapidement une sélection africaine en équipe conquérante.

L’ancien-nouvel entraineur des Eléphants, Hervé Renard pourra-t-il relever le défi?

Avant et après cette aventure ivoirienne, il a accumulé une expérience considérable sur le continent et au niveau international. Il a notamment remporté la CAN 2012 avec la Zambie et la CAN 2015 avec la Côte d’Ivoire. Il a également dirigé l’Arabie saoudite, le Maroc, l’Angola, la France féminine et, plus récemment, la Tunisie dans un contexte d’urgence lors de la Coupe du monde 2026. Mais cette fois, le contexte est différent, vu qu’en 2015, il devait mettre fin à une longue attente. En 2026, il récupère une sélection qui est déjà championne d’Afrique et qui vient de réaliser une première historique au Mondial.

Lorsque Emerse Faé a pris les commandes au mois de janvier 2024, la Côte d’Ivoire était au bord de l’élimination à la CAN. Quelques semaines plus tard, elle soulevait le trophée continental. Cette histoire avait donné naissance à une dynamique particulière : une équipe portée par la confiance, la solidarité et la capacité à renverser les situations difficiles. Confirmant cette dynamique, le jeune ivoirien qualifia la Côte d’Ivoire pour la Coupe du monde 2026 en terminant première et invaincue de son groupe de qualification, sans encaisser le moindre but en dix rencontres, puis, au Mondial, où les Éléphants ont franchi un cap historique des16ème de finale, en battant l’Équateur, résisté à l’Allemagne avant de s’incliner 2-1, puis dominé Curaçao 2-0 pour décrocher leur première qualification pour la phase à élimination directe d’une Coupe du monde. Même l’élimination contre la Norvège, 2-1, a montré une équipe capable de réagir et de revenir dans un match après avoir été menée.

 La difficulté (peut-être) est que Hervé Renard arrive après un entraineur qui a réussi et la  première tentation, lorsqu’un nouveau sélectionneur arrive, est de vouloir imposer sa méthode et de marquer immédiatement son territoire, il devra probablement éviter ce piège, car la Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’une génération extrêmement intéressante. Le groupe du Mondial associait des cadres comme Franck Kessié et Seko Fofana à une génération plus jeune incarnée notamment par Amad Diallo, Simon Adingra, Yan Diomandé, Bazoumana Touré ou Ousmane Diomandé. Nicolas Pépé, Sebastien Haller, Simon Adingra, Kossonou et autres, ont apporté leur expérience et leur efficacité. Et le défi consiste donc moins à repartir de zéro qu’à faire évoluer une architecture qui fonctionne déjà.

Renard devra identifier ce qui doit rester comme l’intensité, la solidarité, la qualité athlétique, la liberté offensive et cette capacité à ne pas paniquer lorsque le scénario devient défavorable, mais il devra aussi corriger ce qui a empêché les Éléphants d’aller encore plus loin, c’est probablement là que se trouve la plus grande mission du nouveau sélectionneur. La Côte d’Ivoire a démontré qu’elle pouvait battre de grandes équipes, elle a aussi montré qu’elle pouvait leur poser de sérieux problèmes.

N’étant pas une spécialiste du football je dois indiquer qu’en 2015, il avait remporté la CAN avec une génération qui comptait notamment Yaya Touré, Didier Drogba, Gervinho n’étant déjà plus de l’aventure internationale. Onze ans plus tard, il revient dans un environnement où les références ont changé. Le défi, désormais, c’est Amad Diallo, Kessié, Adingra, Haller, Diomandé, Fofana et tous ceux qui arrivent derrière.

C’est important, car la comparaison permanente avec la génération dorée des années 2000 a longtemps pesé sur la sélection ivoirienne. La nouvelle équipe vient justement de franchir une frontière que ses glorieux prédécesseurs n’avaient jamais franchie qui est d’atteindre les matches à élimination directe de la Coupe du monde et cette nouvelle génération doit écrire son propre récit. La prochaine grande échéance continentale sera particulièrement intéressante, vu que la Côte d’Ivoire est championne d’Afrique en titre et vise désormais une nouvelle couronne.

Renard connaît parfaitement la compétition et sait ce qu’il faut pour traverser les matches à élimination directe. Le Mondial 2026 a montré que la Côte d’Ivoire dispose d’une génération offensive décomplexée. Hervé Renard peut-il réinventer le défi ? La réponse est oui, mais pas en promettant une nouvelle révolution. Pari audacieux, retour aux sources ou véritable projet de reconstruction ? L’ancien-nouvel entraineur revient donc pas pour simplement reconstruire, mais (plutôt) pour transformer une équipe particulièrement délicate.

 

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